Calcul de chute de tension
Vérifiez qu'un départ respecte les seuils habituellement appliqués pour NF C15-100 §525 : 3 % en éclairage, 5 % pour les autres usages.
Rappel NF C15-100
- Éclairage : chute de tension max 3 %
- Autres usages : chute de tension max 5 %
- Résistivité (isolant PVC, 70 °C) : ρ = 0,0222 Ω·mm²/m cuivre · 0,0353 Ω·mm²/m aluminium
- Formule mono : ΔU = 2 × ρ × L × I × cos φ / S
- Formule tri : ΔU = √3 × ρ × L × I × cos φ / S
Comment estimer la chute de tension ?
La chute de tension est la perte de potentiel entre le tableau et le point d'utilisation, due à la résistance du conducteur. La formule officielle (UTE C15-500 §13.1) est u = b × (R×cos φ + X×sin φ) × I ; pour les sections courantes (<25 mm²), la réactance X est négligeable devant la résistance (UTE C15-500 §4.2), d'où la version simplifiée ci-dessous.
Variables et unités
| ΔU | Chute de tension, en volts |
| ρ | Résistivité du conducteur à sa température de fonctionnement (Ω·mm²/m) |
| L | Longueur simple du départ, en mètres (aller — pas aller-retour) |
| I | Courant d'emploi, en ampères |
| cos φ | Facteur de puissance |
| S | Section du conducteur, en mm² |
Limites, résistivités et leviers de correction
Limites indicatives NF C15-100 §525
| Éclairage | 3 % |
| Prises, appareils, chauffage | 5 % |
Résistivité (Ω·mm²/m)
| Matériau | ρ0 — 20 °C | ρ1 — 70 °C (PVC) |
|---|---|---|
| Cuivre | 0,0185 | 0,0222 |
| Aluminium | 0,0294 | 0,0353 |
Trois leviers, dans l'ordre où ils coûtent le moins cher à mettre en œuvre :
-
Augmenter la section
ΔU est inversement proportionnelle à S : 1,5 → 2,5 mm² divise la chute par 1,67 ; 2,5 → 6 mm² la divise par 2,4.
-
Réduire la longueur
ΔU est directement proportionnelle à L : rapprocher le tableau ou créer un sous-tableau plus proche des récepteurs réduit d'autant la chute.
-
Passer en triphasé
À courant équivalent, le triphasé divise la chute de tension relative par 2 par rapport au monophasé (le facteur √3 de la formule se combine au rapport 400/230 V).
Cas particulier : le rapport des résistivités aluminium/cuivre (0,0294/0,0185 ≈ 1,6) signifie qu'à chute de tension équivalente, un conducteur aluminium doit avoir une section environ 1,6× supérieure à celle du cuivre.
Trois exemples résolus
Calculés avec les valeurs vérifiées dans l'UTE C15-500 ci-dessus (ρ cuivre = 0,0222 Ω·mm²/m à 70 °C, cos φ = 0,8 par défaut) — pas de valeurs recopiées.
Éclairage mono · 10 A · 25 m · 1,5 mm²
Non conformeΔU = 2 × 0,0222 × 25 × 10 × 1,0 / 1,5 = 7,40 V (3,22 %)
Correction : passage en 2,5 mm² → 4,44 V (1,93 %), dans la limite indicative.
Prises mono · 16 A · 30 m · 2,5 mm²
ConformeΔU = 2 × 0,0222 × 30 × 16 × 0,8 / 2,5 = 6,82 V (2,97 %)
Limite 5 % respectée (cos φ = 0,8, valeur par défaut UTE C15-500 §13.1).
Borne IRVE tri · 32 A · 40 m · 6 mm²
ConformeΔU = √3 × 0,0222 × 40 × 32 × 1,0 / 6 = 8,20 V (2,05 %)
À courant équivalent (32 A), l'équivalent monophasé donnerait 4,12 % : le triphasé divise ici la chute relative par 2.
Questions fréquentes
Pourquoi cos φ = 0,8 par défaut ?
Le guide UTE C15-500 (§13.1, associé à la NF C15-100) précise : « en l'absence d'indications précises, le facteur de puissance est pris égal à 0,8 ». C'est cette valeur, sourcée, qui est proposée par défaut dans ce calculateur.
Faut-il calculer la chute jusqu'au compteur ?
Non. Le guide UTE C15-500 précise que ses calculs de chute de tension « n'intéressent pas les branchements à puissance limitée tels que définis dans la norme NF C14-100 » — la partie en amont du point de livraison relève de cette autre norme, pas de NF C15-100.