Couleurs de conducteurs
Convention usuelle de repérage en installation basse tension (NF C15-100 / CEI 60446).
Conducteurs à couleur imposée
Vert / jaune
Conducteur de protection — Terre (PE)
Bleu
Conducteur de neutre (N)
Conducteurs de phase
Toute couleur sauf vert/jaune et bleu — non imposée par la norme, ces associations sont des conventions de métier.
Rouge / Marron / Gris / Noir
Phase (L) — monophasé, couleur au choix parmi celles-ci
Marron (L1) / Gris (L2) / Noir (L3)
Phases triphasé — convention recommandée pour repérer chaque phase
Fils de commande et navettes
Couleur non imposée non plus, comme pour une phase — orange, blanc et violet sont les plus courantes pour ces usages.
Orange / Blanc / Violet
Navette de va-et-vient (orange, ou blanc en complément sur un montage à plusieurs navettes — permutateur, double va-et-vient) ; fil de commande de télérupteur, contacteur ou bouton-poussoir (violet)
Récapitulatif
| Couleur | Fonction | Obligation |
|---|---|---|
| Vert / jaune | Terre (PE) | Imposée |
| Bleu | Neutre (N) | Imposée |
| Rouge / Marron / Gris / Noir | Phase (L) — monophasé | Convention |
| Marron (L1) / Gris (L2) / Noir (L3) | Phase — triphasé | Triphasé |
| Orange / Blanc / Violet | Navette / commande | Convention |
Interdictions
- Le vert/jaune est réservé exclusivement à la terre — interdit pour tout autre usage
- Le bleu est réservé au neutre — à ne jamais utiliser comme phase
- Un conducteur nu (sans isolant) ne doit jamais être utilisé comme conducteur actif
Pourquoi un code couleur normalisé ?
Le code couleur des conducteurs électriques découle de la norme internationale CEI 60446, reprise en France par la NF C15-100. Il vise trois objectifs : reconnaître instantanément la fonction d'un fil, sécuriser une intervention (la terre se repère au toucher grâce à sa couleur unique dans une boîte de dérivation), et faciliter la maintenance sans devoir ressortir le schéma à chaque opération.
Avant l'harmonisation européenne de 1970, aucune couleur n'était réglementée en France : les pratiques variaient selon les installateurs, et le rouge comme le vert ont pu, selon les époques et les habitudes, désigner tour à tour la phase, le neutre ou la terre. Une installation ancienne peut donc présenter des couleurs très différentes de la convention actuelle — ne jamais se fier à la seule couleur d'un conducteur sur ce type d'installation, un contrôle au multimètre s'impose avant toute intervention.
Règles strictes vs conventions d'usage
La NF C15-100 distingue en réalité deux niveaux de prescription sur les couleurs.
Couleurs imposées (obligation absolue)
Vert-jaune bicolore : exclusivement pour le conducteur de protection (PE, terre) — aucun autre conducteur ne peut porter cette double couleur. Bleu : exclusivement pour le neutre (N) — sauf cas particulier d'un circuit sans neutre où le bleu peut alors servir de phase, à condition d'être repéré comme tel aux extrémités.
Couleurs conventionnelles (usage recommandé, non imposé)
Rouge, marron, gris ou noir : phase L en monophasé, couleur au choix parmi ces quatre — le marron reste la plus répandue, standard sur les câbles préfabriqués type H07V-K.
Marron (L1), gris (L2), noir (L3) : la convention recommandée pour repérer chaque phase en triphasé.
Orange ou blanc : navette de va-et-vient (phase commutée), le blanc en complément sur un montage à plusieurs navettes.
Violet : fil de commande (télérupteur, contacteur, asservissement).
La NF C15-100 admet en réalité toute couleur sauf bleu et vert-jaune pour une phase — le rouge est donc parfaitement autorisé. Sur une rénovation, une vigilance particulière reste de mise : d'anciennes couleurs pré-1970 peuvent prêter à confusion (voir plus bas).
Cas particuliers fréquents
Câble multi-conducteurs préfabriqué
Un câble R2V 3G2,5 contient 3 conducteurs : bleu (N), marron (L), vert-jaune (PE) — le repère « G » dans la désignation indique la présence d'un conducteur de terre parmi eux (de l'anglais ground). Un câble R2V 5G6 pour triphasé contient bleu (N), marron (L1), gris (L2), noir (L3), vert-jaune (PE) ; à l'inverse, une désignation « 3x2,5 » sans G signale un câble sans conducteur de terre.
Va-et-vient
La phase d'alimentation arrive en marron sur la borne commune (C) du premier interrupteur. Les deux navettes (orange par convention) relient les bornes 1 et 2 entre les deux interrupteurs. Le retour-lampe repart en marron de la borne C du second interrupteur vers le luminaire.
Circuit sans neutre au point de commande
Dans certains montages d'éclairage, le neutre n'est pas ramené jusqu'au point de commande. Si un câble à 3 conducteurs est utilisé, le bleu peut alors servir de phase commutée — mais il doit être repéré à ses deux extrémités (manchon ou ruban de couleur marron) pour signaler cet usage non standard.
Fils tissés (câblage ancien)
Les installations antérieures aux années 1970-1980 utilisent souvent un isolant en tissu tressé (coton, parfois soie) plutôt qu'une gaine plastique. Ce matériau se dégrade avec le temps — il s'effrite, laisse le conducteur nu et perd sa capacité isolante — avec un risque réel de court-circuit, d'arc électrique ou de départ de feu, en particulier sous l'effet de la chaleur ou de manipulations répétées. Sa seule présence dans un mur ou sous une plinthe justifie une reprise complète du circuit concerné, sans attendre un incident.
Rénovation : anciennes couleurs
Face à une installation antérieure à 1970, ne jamais se fier à la couleur seule pour identifier un conducteur — un contrôle au multimètre est indispensable avant toute intervention. Deux options ensuite : remplacer intégralement le câblage concerné (recommandé en rénovation lourde), ou poser des manchons de repérage aux couleurs normalisées à chaque accès (boîte de dérivation, tableau, point d'utilisation). Un fil vert seul ne doit jamais rester comme conducteur actif — risque de confusion grave avec la terre actuelle.
Questions fréquentes
Quelle est la couleur du fil de phase ?
Toute couleur sauf vert/jaune et bleu. Par convention : marron (ou L1 en triphasé), gris (L2), noir (L3).
Que faire avec d'anciennes couleurs rouges et vertes ?
Les identifier au multimètre avant toute intervention : sur une installation pré-1970, aucune couleur n'était réglementée, et rouge comme vert ont pu désigner différentes fonctions selon les installateurs et les époques — ne jamais se fier à la couleur seule. Poser ensuite des manchons aux couleurs actuelles à chaque accès, ou remplacer le câblage en cas de rénovation lourde.
Le code couleur n'est qu'une des règles de la NF C15-100 — pour le reste (sections, IDR, volumes, équilibrage...), voir la FAQ complète ou écrire directement.